Conférence du 19 novembre 2025 : Le 16e Génie américain, de l'Atlantique à Is-sur-Tille, Gièvres et Nevers

Ce soir, Pierre Aymard et René Perrat, deux guides expérimentés de la visite du camp américain d'Is-sur-Tille, ont déroulé devant un public visiblement intéressé l'épopée militaire du 16e régiment du génie ferroviaire américain (16th Engineers) pendant la Première guerre mondiale. A l'aide de nombreuses photos extraites de livres récemment acquis par notre société d'histoire, les deux conférenciers ont retracé le voyage de ce régiment d'élite, depuis leur camp d'entraînement à Detroit (Michigan) jusqu'à Til-Châtel et d'autres lieux en France, dans des chantiers de grande ampleur. Le régiment était composé de géomètres, topographes, dessinateurs, mais aussi de charpentiers, pontonniers, forgerons et bien d'autres spécialités professionnelles dédiées à la création de voies de communication, et plus précisément de voies de chemin de fer et des installations qui les accompagnent. En 1917, ils installent en tout premier lieu le dépôt d'Is-sur-Tille avec ses quelque 90 km de voies ferrées et 150 aiguillages, puis poursuivent leur mission en construisant une voie de contournement à Nevers (un cut-off, ou raccourci) avec entre autres un pont de 427 mètres enjambant la Loire.
Mais ce régiment particulièrement actif et compétent s'est aussi illustré sur le front de Meuse-Argonne. Il a également construit une boulangerie militaire à Dijon, un hôpital à Mesves-sur-Loire, une base portuaire près de Marseille, réalisé des réparations de voies ferrées vitales sur le front anglais, réhabilité des locaux pour des hôpitaux à Dijon et à Chaumont, et travaillé sur d'autres chantiers qui seront autant de contributions décisives à l'effort de guerre.
La présentation de ce soir a inclus aussi une description du très impressionnant dépôt intermédiaire d'approvisionnement de Gièvres (Loir-et-Cher), d'une taille et d'une capacité de stockage deux fois plus importantes encore que celui d'Is-sur-Tille. Enfin, pour compléter leur propos, les deux historiens locaux ont projeté un film d'époque, tourné par le Signal Corps, sur la mise en service du cut-off de Nevers en octobre 1918. Des images d'une incroyable netteté font de ce document une archive extrêmement précieuse sur la présence des AEF (American Expeditionary Forces) sur le sol français à partir de 1917, et sur une installation qui n'a pas survécu à la guerre. Le pont sur la Loire, construit en quatre mois, a demandé près de 5 années pour sa démolition complète à partir de 1921.
Comme d'habitude, la conférence a été suivie d'un échange avec le public, et les discussions ont pu se poursuivre dans la salle de l'Orangerie autour du traditionnel verre de l'amitié.
La presse en a parlé : >>article paru dans Le Bien Public du 23 novembre 2025.