Histoire de l'hôtel de ville d'Is-sur-Tille

Le 4 février 2026, devant un public d'une cinquantaine de personnes, Christian Baujard a déroulé pendant environ 45 minutes l'histoire de l'hôtel de ville d'Is-sur-Tille, retraçant les étapes de sa construction entre 1777 et 1779. Les images projetées ont fait revivre quelques péripéties de ce chantier considérable, comme le changement, quelques semaines seulement avant le début des travaux, de l'emplacement prévu pour le bâtiment. Car l'hôtel de ville a bien failli s'élever à la place du précédent, situé à l'angle de la place et de la rue principale (aujourd'hui place Général-Leclerc et rue Dominique-Ancemot). Mais lorsque le maire de l'époque, Louis Perrenet, a eu l'idée lumineuse de le faire construire à côté de l'église, en alignant les entrées des deux édifices, il a fallu déplacer le cimetière qui occupait une grande surface du centre de la ville. Le curé, Denis Chauchot, inquiet de l'ombre que le bâtiment risquait de projeter sur l'église et jusque dans la nef et le bas-côté gauche, a alors contesté le nouvel emplacement choisi par le maire. Sa protestation n'a eu aucun effet, étant intervenue trop tard, alors que la construction était déjà avancée aux deux tiers.
D'autres détails n'ont pas manqué d'interpeller le public, comme la destination du rez-de-chaussée de l'hôtel de ville, dépôt militaire et écurie pour les chevaux.
L'hôtel de ville d'Is-sur-Tille apparaît donc aujourd'hui comme un témoignage précieux des dernières années de l'ancien régime. Ce chantier n'était en rien isolé, car pendant la décennie 1770, la ville a connu un vaste plan de rénovation et d'embellissement, avec entre autres la construction d'un nouveau pont de pierre sur la rivière (le "Grand pont"), la création d'une promenade ombragée ("l'allée des Soupirs" et le Parc des Capucins), une place dégagée devant l'église (il a fallu abattre quelques masures), la création d'un nouveau cimetière en dehors de l'agglomération. Cela corrige quelque peu l'image souvent attachée à l'ancien régime, celle d'une société bloquée et hostile à tout changement. En réalité, si la société était effectivement figée politiquement avec la division immuable des trois ordres, noblesse, clergé et tiers-état, cela n'empêchait en rien des périodes de profonde amélioration dans le cadre de vie des habitants. Cela a été le cas à Is-sur-Tille dans les années pré-révolutionnaires, et le visage de la ville tel que nous le connaissons aujourd'hui doit beaucoup à des esprits éclairés comme Louis Perrenet, le maire de la ville, Pierre-Joseph Antoine, l'architecte, Dupleix de Bacquencourt, l'intendant de la province, et l'évêque Monseigneur de Vogüe, qui n'a jamais fait obstacle aux améliorations proposées.